| Hors-les-murs |

Cité des sciences et de l’industrie


Mardi et vendredi de 9h à 10h30,
rediffusion de 21h à 22h30
le Collège de la Cité des sciences et de l'industrie
Les avancées des sciences et des techniques soulèvent des questions cruciales qui touchent à la vie de chacun et font débat. Les progrès n’ont plus l’évidence du Progrès. Les citoyens veulent exercer un “ droit de savoir ”, comprendre ce que la recherche rend possible.
Créé en 2001, le Collège de la Cité des sciences et de l’industrie organise, tout au long de l’année, des cycles de conférences et de débats où plus de 200 chercheurs viennent à la rencontre du public. L’ambition est de permettre à chacun d’acquérir des connaissances fondamentales, de s’informer des développements les plus récents, de se former une opinion éclairée. Pour que la science devienne une composante de la culture.
La captation de ce programme a été réalisée par l'institution.
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Le médicament, une industrie, une économie Qu'est-ce que l'automédication ?
Cette conférence a été donnée dans le cadre du Collège de la Cité des sciences et de l'industrie par Alain Baumelou, profresseur de néphrologie à la Pitié-Sâlpétrière, responsable du pôle Santé publique, évaluation-produits de santé, président du groupe Prescription médicale facultative à l'AFSSAPS.
L'automédication est un comportement. Ce comportement se retrouve dans toutes les cultures. Comme tout comportement, il présente des abus (dépendance), il entraîne des effets inattendus (évènements indésirables). Mais il correspond au désir d'une prise en charge personnelle de sa santé actuellement prônée par tous les organismes internationaux de santé publique et toutes les sociétés savantes.
Le recours au médicament n'est qu'une petite part de cette prise en charge personnelle : il est vraisemblable que dans une population, l'hygiène, la pratique régulière de l'exercice physique, la tempérance vis-à-vis de tout ce qui modifie le comportement, et une bonne nutrition ont beaucoup plus d'effet sur la durée et la qualité de la vie. Mais l'apprentissage de l'usage médicamenteux, de son recours à bon escient, de ses risques et bénéfices fait partie de l' « éducation thérapeutique ». Ces programmes d'éducation thérapeutique dirigés sur des maladies graves et de longue durée doivent concerner aussi des symptômes et des pathologies plus courantes.
Il n'y a pas de définition française réglementaire de l'automédication. Selon l'organisation Mondiale de la Santé en 2000, « l'automédication responsable consiste pour les individus à soigner leurs maladies grâce à des médicaments autorisés, accessibles sans ordonnance, sûrs et efficaces dans les conditions d'utilisation indiquées »
Les médicaments que l'on peut acheter en pharmacie sans avis médical préalable sont dits de « prescription médicale facultative ». Certains d'entre eux sont présentés au public en rayonnage devant le comptoir de l'officine. Ces médicaments peuvent faire l'objet de publicité grand public.
Le développement d'une automédication dite « responsable » présente de réels avantages potentiels en terme de santé publique. Elle évite pour des affections bénignes et de courte durée le recours au médecin de premier recours. Pour des affections nécessitant une prise en charge rapide, elle raccourcit le circuit de dispensation du médicament. Pour des affections très fréquentes, elle permet de recruter de grandes populations. Grâce aux économies réalisées, des programmes de redistribution aux plus démunis pourraient être développés.
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